80 ans de l’Amicale laïque de Pont-Rousseau
(Anciens élèves de Pont-Rousseau – AEPR)
Gérard Allard
Rezé, 12/06/10
Monsieur le Président, cher Hervé,
Mesdames, Messieurs les responsables associatifs,
Mesdames, messieurs,
Cher(e)s ami(e)s,
Il est bon de se souvenir que Jaurès assimile la laïcité à la démocratie. Et que la laïcité est le fondement d’une société apaisée et préservée des fractures produites par l’intégrisme et l’intolérance. Régis Debray dit fort justement que « la laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait ».
Les 80 ans de l’Amicale laïque de Pont-Rousseau interviennent dans un contexte marqué par une crise de l’économie et de l’emploi qui a frappé très violemment notre société déjà minée par le virus du repli sur soi.
Les ravages sociaux que le chômage est en train de générer, et qu’il continuera de produire pendant encore probablement de longs mois, en particulier chez les jeunes, sont une menace réelle pour la qualité du vivre-ensemble républicain.
Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de retrouver le sens du collectif, de la solidarité.
La solidarité, le Conseil général de Loire-Atlantique l’a placée au cœur de son projet pour le département.
Pour une Loire-Atlantique plus solidaire, nous savons tous que nous avons aussi besoin d’une vie associative dynamique.
Et la qualité du travail effectué par les associations d’éducation populaire, comme les amicales laïques, et notamment celle de Pont-Rousseau, est la condition sine qua non d’un tissu social capable d’amortir les chocs, de vaincre l’exclusion et de prévenir la désagrégation sociale.
Ma présence aujourd’hui témoigne de toute l’importance que le Conseil général donne aux acteurs de l’éducation populaire.
Au nom du Président du Conseil général, Patrick Mareschal, je voudrais saluer l’ensemble des membres de l’Amicale laïque, d’hier et d’aujourd’hui, et tout particulièrement son Président Hervé Neau.
L’Amicale laïque de Pont-Rousseau, depuis sa création en mars 1930, est devenue une véritable institution dans le paysage rezéen. Ses activités, dans le domaine des sports, des loisirs et des activités culturelles et artistiques, ont été considérablement développées, au plus grand bénéfice de la démocratisation des savoirs et de l’apprentissage pour tous. Elle fait bien sûr partie de la Fédération des Amicales Laïques des Loire-Atlantique, la FAL 44, plus grand réseau associatif du département, et fait partie du réseau de l’UFOLEP et de l’USEP.
Forgée dans l’idéal laïc et républicain, enracinée dans la réalité locale, elle a traversé toute une partie du XXème siècle et entame le XXIème avec une farouche volonté toujours renouvelée de faire progresser l’humanité. C’est cela l’affirmation de la Laïcité, cette valeur que nous partageons !
Depuis 2004, le Conseil général de Loire-Atlantique a fait la promotion de la laïcité et de l’éducation populaire, deux valeurs essentielles et transversales de nos politiques d’éducation, de jeunesse, des sports, de la culture ou encore des loisirs…
Il est de notre devoir de promouvoir la citoyenneté et l’accès à l’émancipation, aux savoirs et aux droits pour toutes et tous.
Ces convictions se sont traduites par des partenariats nombreux avec le milieu associatif : le Conseil général contribue au financement de 9 fédérations d’éducation populaire, dont la FAL 44 et l’UFOLEP, et de 18 associations ressources.
Nous accompagnons également de nombreux acteurs qui partagent les valeurs d’engagement, de fraternité et de liberté qui sont propres à l’éducation populaire.
Le Conseil général s’est notamment engagé aux côtés des Pupilles de l’Enseignement Public (PEP) afin de leur permettre de s’installer sur le domaine de la Ducherais, près de Campbon. Il a aussi été partie prenante de l’important projet du Soleil de Jade, à Préfailles : ce centre de loisirs et d’éducation à l’environnement est ainsi devenu propriété de la FAL 44, qui y accueille des jeunes en classes de découverte et, pendant l’été, propose des séjours à des prix abordables.
Notre engagement pour l’éducation populaire est reconnu par tous les acteurs du secteur, au-delà même de la Loire-Atlantique. Il a fait l’objet de la publication d’un ouvrage collectif, auquel la FAL 44 a contribué. Cet engagement aux côtés des fédérations sera, d’une certaine manière, symbolisé par les nouveaux bâtiments administratifs du Conseil général, rue Sully, qui porteront le nom de Jean-Baptiste Daviais, républicain de conviction, pilier de l’éducation populaire du temps de la Loire-Inférieure, résistant, arrêté et déporté à Dachau où il s’est éteint aux premiers jours de 1945.
L’Hôtel du département accueillera également, fin 2010, une exposition dédiée à la fraternité, après les deux autres volets du triptyque républicain (liberté & égalité), mais aussi après une exposition consacrée à la laïcité, en 2005, à l’occasion du centenaire de la loi de 1905, portée par un illustre représentant de notre département et du sud-loire, Aristide Briand.
Les politiques jeunesse/éducation populaire mises en place par le Conseil général sont complémentaires de l’éducation scolaire, et permettent à chacune et à chacun d’apprendre mieux, d’apprendre autrement. Elles représentent, avec la politique sportive, 8.6M€ en 2010.
Pourtant, l’implication du département aux côtés des amicales laïques, des fédérations, des associations… est aujourd’hui remise en question. La réforme des collectivités territoriales votée cette semaine par l’Assemblée nationale propose, entre autres, la limitation des compétences des départements à leurs seules missions obligatoires.
Missions obligatoires dont l’éducation populaire et les politiques de jeunesse ou des sports ne font pas partie. Si ce projet n’est pas remis en cause dans les mois à venir ou cassé en 2012, le Conseil général se trouvera dans l’impossibilité, gravée dans le marbre de la loi, d’accompagner les mouvements d’éducation populaire.
Cette réforme intervient à un moment où les départements se trouvent dans une situation financière particulièrement tendue, notamment avec la suppression de la taxe professionnelle ; on nous annonce maintenant le gel, en valeur, des dotations de l’État aux collectivités. Ce qui signifie un appauvrissement des collectivités, et une réduction de nos marges de manœuvre.
Asphyxier les collectivités, cela revient à malmener encore un peu plus le tissu social, qui n’a vraiment pas besoin de cela.
Nous aurons donc à nous battre encore ensemble pour garantir l’existence du grand mouvement de l’éducation populaire.
Je sais pouvoir compter sur votre vigilance et votre engagement constant, Monsieur le Président, pour poursuivre l’œuvre commencée par les pionniers de l’AEPR qui, il y a 80 ans, ont posé les bases, les fondations d’une des plus grandes associations au service de l’intérêt général, de la solidarité et de la laïcité.
Je salue ici, monsieur le Président, cher Hervé Neau, tous vos prédécesseurs ici présents, tous les bénévoles et toute votre équipe. Soyez tous remerciés et fiers, de l’œuvre accompli et le chemin parcouru.
Bon anniversaire à l’Amicale laïque de Pont-Rousseau !
Les 80 ans de l’Amicale laïque de Pont-Rousseau interviennent dans un contexte marqué par une crise de l’économie et de l’emploi qui a frappé très violemment notre société déjà minée par le virus du repli sur soi.
Les ravages sociaux que le chômage est en train de générer, et qu’il continuera de produire pendant encore probablement de longs mois, en particulier chez les jeunes, sont une menace réelle pour la qualité du vivre-ensemble républicain.
Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de retrouver le sens du collectif, de la solidarité.
La solidarité, le Conseil général de Loire-Atlantique l’a placée au cœur de son projet pour le département.
Pour une Loire-Atlantique plus solidaire, nous savons tous que nous avons aussi besoin d’une vie associative dynamique.
Et la qualité du travail effectué par les associations d’éducation populaire, comme les amicales laïques, et notamment celle de Pont-Rousseau, est la condition sine qua non d’un tissu social capable d’amortir les chocs, de vaincre l’exclusion et de prévenir la désagrégation sociale.
Ma présence aujourd’hui témoigne de toute l’importance que le Conseil général donne aux acteurs de l’éducation populaire.
Au nom du Président du Conseil général, Patrick Mareschal, je voudrais saluer l’ensemble des membres de l’Amicale laïque, d’hier et d’aujourd’hui, et tout particulièrement son Président Hervé Neau.
L’Amicale laïque de Pont-Rousseau, depuis sa création en mars 1930, est devenue une véritable institution dans le paysage rezéen. Ses activités, dans le domaine des sports, des loisirs et des activités culturelles et artistiques, ont été considérablement développées, au plus grand bénéfice de la démocratisation des savoirs et de l’apprentissage pour tous. Elle fait bien sûr partie de la Fédération des Amicales Laïques des Loire-Atlantique, la FAL 44, plus grand réseau associatif du département, et fait partie du réseau de l’UFOLEP et de l’USEP.
Forgée dans l’idéal laïc et républicain, enracinée dans la réalité locale, elle a traversé toute une partie du XXème siècle et entame le XXIème avec une farouche volonté toujours renouvelée de faire progresser l’humanité. C’est cela l’affirmation de la Laïcité, cette valeur que nous partageons !
Il est bon de se souvenir que Jaurès assimile la laïcité à la démocratie. Et que la laïcité est le fondement d’une société apaisée et préservée des fractures produites par l’intégrisme et l’intolérance. Régis Debray dit fort justement que « la laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait ».
Depuis 2004, le Conseil général de Loire-Atlantique a fait la promotion de la laïcité et de l’éducation populaire, deux valeurs essentielles et transversales de nos politiques d’éducation, de jeunesse, des sports, de la culture ou encore des loisirs…
Il est de notre devoir de promouvoir la citoyenneté et l’accès à l’émancipation, aux savoirs et aux droits pour toutes et tous.
Ces convictions se sont traduites par des partenariats nombreux avec le milieu associatif : le Conseil général contribue au financement de 9 fédérations d’éducation populaire, dont la FAL 44 et l’UFOLEP, et de 18 associations ressources.
Nous accompagnons également de nombreux acteurs qui partagent les valeurs d’engagement, de fraternité et de liberté qui sont propres à l’éducation populaire.
Le Conseil général s’est notamment engagé aux côtés des Pupilles de l’Enseignement Public (PEP) afin de leur permettre de s’installer sur le domaine de la Ducherais, près de Campbon. Il a aussi été partie prenante de l’important projet du Soleil de Jade, à Préfailles : ce centre de loisirs et d’éducation à l’environnement est ainsi devenu propriété de la FAL 44, qui y accueille des jeunes en classes de découverte et, pendant l’été, propose des séjours à des prix abordables.
Notre engagement pour l’éducation populaire est reconnu par tous les acteurs du secteur, au-delà même de la Loire-Atlantique. Il a fait l’objet de la publication d’un ouvrage collectif, auquel la FAL 44 a contribué. Cet engagement aux côtés des fédérations sera, d’une certaine manière, symbolisé par les nouveaux bâtiments administratifs du Conseil général, rue Sully, qui porteront le nom de Jean-Baptiste Daviais, républicain de conviction, pilier de l’éducation populaire du temps de la Loire-Inférieure, résistant, arrêté et déporté à Dachau où il s’est éteint aux premiers jours de 1945.
L’Hôtel du département accueillera également, fin 2010, une exposition dédiée à la fraternité, après les deux autres volets du triptyque républicain (liberté & égalité), mais aussi après une exposition consacrée à la laïcité, en 2005, à l’occasion du centenaire de la loi de 1905, portée par un illustre représentant de notre département et du sud-loire, Aristide Briand.
Les politiques jeunesse/éducation populaire mises en place par le Conseil général sont complémentaires de l’éducation scolaire, et permettent à chacune et à chacun d’apprendre mieux, d’apprendre autrement. Elles représentent, avec la politique sportive, 8.6M€ en 2010.
Pourtant, l’implication du département aux côtés des amicales laïques, des fédérations, des associations… est aujourd’hui remise en question. La réforme des collectivités territoriales votée cette semaine par l’Assemblée nationale propose, entre autres, la limitation des compétences des départements à leurs seules missions obligatoires.
Missions obligatoires dont l’éducation populaire et les politiques de jeunesse ou des sports ne font pas partie. Si ce projet n’est pas remis en cause dans les mois à venir ou cassé en 2012, le Conseil général se trouvera dans l’impossibilité, gravée dans le marbre de la loi, d’accompagner les mouvements d’éducation populaire.
Cette réforme intervient à un moment où les départements se trouvent dans une situation financière particulièrement tendue, notamment avec la suppression de la taxe professionnelle ; on nous annonce maintenant le gel, en valeur, des dotations de l’État aux collectivités. Ce qui signifie un appauvrissement des collectivités, et une réduction de nos marges de manœuvre.
Asphyxier les collectivités, cela revient à malmener encore un peu plus le tissu social, qui n’a vraiment pas besoin de cela.
Nous aurons donc à nous battre encore ensemble pour garantir l’existence du grand mouvement de l’éducation populaire.
Je sais pouvoir compter sur votre vigilance et votre engagement constant, Monsieur le Président, pour poursuivre l’œuvre commencée par les pionniers de l’AEPR qui, il y a 80 ans, ont posé les bases, les fondations d’une des plus grandes associations au service de l’intérêt général, de la solidarité et de la laïcité.
Je salue ici, monsieur le Président, cher Hervé Neau, tous vos prédécesseurs ici présents, tous les bénévoles et toute votre équipe. Soyez tous remerciés et fiers, de l’œuvre accompli et le chemin parcouru.
Bon anniversaire à l’Amicale laïque de Pont-Rousseau !