Intervention en session du 23 juin
Monsieur le président, mes chers collègues,
Je souhaite intervenir vivement en faveur du transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-landes car contrairement à ce que j’entends ici ou là : les élus et les habitants du sud-loire ne sont ni indifférents, ni silencieux. Avec constance nous sommes nombreux à nous battre et à nous exprimer en faveur du projet de Notre-dame-des-landes depuis longtemps déjà.
En particulier sur mon canton particulièrement concerné. Avant et pendant l’enquête publique avec tous les maires: les maires de Rezé, de Saint-Aignan, de Bouaye, de Pont-Saint-Martin de Brains et de Saint-Léger, nous avons pris l’initiative d’une pétition pour le transfert qui a rassemblé en quelques semaines plus de 4000 signatures.
Ces élus du sud-loire vous les connaissez et je ne pense pas avoir besoin de vous convaincre qu'ils sont de sincères et crédibles acteurs et militants de la cause du développement durable. Gilles Retière a obtenu pour ses actions de maire la reconnaissance du Ministère de l’environnement et Rezé se distingue pour son Agenda 21. Il en est et sera de même à Bouaye avec Jacques Garreau qui a fait campagne sur ce thème. Et ainsi pour Jean-Claude Lemasson, nouveau maire de Saint-Aignan qui professionnellement dirige un bureau d’étude spécialisé dans la Haute Qualité Environnementale. Les maires de Saint-Léger, de Pont-Saint-Martin et de Brains ne peuvent être soupçonnés de nuire à la cause environnementale. Je suis moi-même adjoint au développement durable à Rezé.
Elus du sud-loire nous sommes ainsi relativement qualifiés et bien placés pour parler de développement durable du territoire.
Ceci m’amène à rétablir un certain nombre de vérités sur la question du transfert de l’aéroport.
Tout d'abord et pour faire suite aux interventions de mes collègues hostiles au transfert je dois dire que je partage avec eux l'idée que l'après pétrole ne fait que commencer. Et qu'il nous faut en effet revoir nos modes de vie et de déplacements en tenant compte de cette ardente obligation de protéger notre environnement et notre planète.
Mais au nom de cette conviction je tire des conclusions inverses à celles des opposants à NDDL. Car les campagnes orchestrées pour s’opposer à NDDL sont des campagnes qui utilisent des arguments environnementaux certes, mais limités et localisés au territoire du futur aéroport, et qui ferment les yeux sur les graves nuisances et dangers de l’actuel aéroport.
On peut comprendre que des habitants proches de NDDL, bien qu’informés de longues dates du projet, s’expriment pour demander des garanties concernant la protection de leur environnement et contre les nuisances qu’ils vont subir avec l’arrivée d’un aéroport à proximité de leur habitation.
Mais les arguments utilisés pour s’opposer à tout prix à ce projet ne prennent jamais en compte la problématique environnementale du site actuel.
En effet invoquer ou convoquer l'écologie et le développement durable pour s'opposer à Notre-Dame-des-landes relève pour le moins d'une approche partielle et me semble-t-il outrageusement partiale.
Je considère pour ma part que notre projet départemental de développement durable doit prioritairement et rapidement mettre fin à trois problèmes majeurs liés au transport aérien: l'insécurité permanente vécue par des dizaines de milliers d'habitants, les nuisances sonores également subies par des milliers de riverains, et le risque de catastrophe environnementale sur un territoire d'une richesse exceptionnelle.
La première urgence pour le transfert, c'est la sécurité des habitants. Que l'on ne fasse pas les innocents. Il y a danger, danger réel, incalculable il est vrai, mais danger sérieux pour lequel il nous faut préparer l'application du principe de précaution afin d'éviter une catastrophe possible. Nous sommes en pour effet plusieurs dizaines de milliers d'habitants à vivre des risques constants de crashs (exemple avec l’avion Luxor Air égaré et ayant évité de justesse une chute près du Pont de la Tortière en mars 2004). Il s'agit là d’un des arguments majeurs qui plaident en faveur du déplacement de l'aéroport sur un site moins risqué.
Le développement durable n'est-ce pas déjà permettre aux générations présentes de vivre en sécurité.
C'est aussi permettre aux habitants de l'agglomération nantaise et du sud-loire de vivre avec moins de nuisances. Ici les nuisances sont les pollutions et le bruit subit depuis des dizaines d’années par les riverains de l’aéroport. Comment ne pas tenir compte de cette urgence pour les 42000 riverains qui attendent que l'on tienne enfin nos promesses de transfert ?
Enfin, le développement durable c’est écarter tout risque de catastrophe sur le lac de grand-lieu, le plus vieux lac de France: 120 millions d’années, 2700 hectares d’eau libre et de Roselière, un espace naturel d’exception également pour ses espèces et ses variétés d’oiseaux (plus de 500). Réhabiliter la maison Guerlain pour en faire un lieu de pédagogie et de valorisation de la nature et des espèces c’est une très bonne chose. Eviter qu'un avion finisse un jour sa course dans ce lac d'exception, c'est l'urgence et la priorité.
Malgré tout, les opposants à Notre-Dame-des-landes ont bien compris ces urgences et ces priorités en termes de sécurité et d'environnement.
Aussi ont-ils généreusement lancé une proposition pour moi hallucinante et aberrante qui a toutefois été largement médiatisée et diffusée. Je veux parler de la seconde piste sur Nantes-Atlantique.
On peut lancer et répéter sans cesse une sottise, elle n'en reste pas moins une sottise !
Pour tous ceux qui clament et réclament une étude pour une seconde piste à Nantes-Atlantique, rappelons tout de même que cette hypothèse a été étudiée en octobre 2006, par les services de notre Assemblée départementale.
Notre institution serait-elle à ce point discréditée pour que l'on fasse aussi peu cas de ce travail ?
Comme les élus et les habitants qui connaissent bien ce territoire du sud-loire, je puis affirmer que ce rapport correspond parfaitement à ce que j’en connais.
J'invite donc ceux qui ne connaissent pas encore l’environnement marti-pontain, aignannais, brennois, boscéen ou légerien à prendre la peine de regarder à nouveau la carte d'implantation de cette fameuse piste transversale et à en constater les dégâts que je résume ici:
- Disparition de 29 villages situés dans l’emprise de la piste. 27 autres sont à moins de 1000 mètres.
- Forts impacts sur le lycée de Bouaye, le collège Bellestre et le collège Saint-Hermeland à Bouaye. De plus 2 écoles de Brains (école publique 10 classes et cantine et école privée 7 classes et cantine) et une école à Bouaye sont également dans le périmètre.
- A terme 10000 personnes seraient impactées (nuisances sonores, PEB etc.) contre 2660 à NDDL;
- Les temps de roulage sur cette piste avec l'éloignement des infrastructures accroîtraient l'empreinte écologique et la pollution, en sus du coût financier et de la surconsommation de pétrole;
- L’orientation E W de la nouvelle piste occasionnerait moins de survol de la métropole; certes, mais les risques liés au survol de zones fortement urbanisées demeurerait;
- Détournement ou contournement de la voie de chemin de fer Nantes-Pornic;
- Abandon d’espaces d’agriculture pérenne et de la forêt urbaine sud-est (Rezé, Saint-Aignan etc.);
- Impact environnemental fort sur les bois et les étangs ;
- Remise en cause de l’urbanisation, des PLU et des SCOT de l’agglomération nantaise.
Je ne pense pas utile d'en dire davantage. Je souhaite simplement faire comprendre que pour s'opposer à NDDL on peut utiliser des arguments de protection de son environnement, c'est fort louable. Mais imaginer pour cela sacrifier et détruire l'environnement du territoire sud de l'agglomération nantaise, c'est inacceptable.
Pour conclure cette intervention et à ce stade je veux dire mon inquiétude.
Cette idée de 2ème piste n'est pas sérieuse. Elle ne tient pas. Mais constitue une manoeuvre dilatoire de plus pour retarder ou empêcher le projet de Notre-Dame-des-landes.
Ma crainte et celles des élus et de nombreux habitants du sud-loire et de Nantes est donc de voir se prolonger encore et encore les délais de réalisation du futur aéroport. Pour moi, ce serait la pire des choses car plus on attend le transfert et plus les nuisances et le nombre de personnes impactées augmentent. Si l’aéroport ne se déplace pas, ce seront près de 63000 personnes qui en 2020 seront concernées, sans compter les probabilités d’accidents qui augmentent avec le trafic.
Je l'ai dit en commençant mon intervention si nous pouvons raisonnablement partager les points de vue et analyses concernant la fin du pétrole peu cher et la déplétion annoncée de cette source d'énergie, je ne peux savoir pour autant quel est l'avenir du transport aérien. Car on peut aussi penser que d'autres sources d'énergie, d'autres techniques viendront pallier cette défection.
Toute spéculation en la matière relève de la religion ou de l'idéologie que chacun se fait ou affiche selon ses convictions ou ses intérêts.
Pour ma part et comme beaucoup d'entre vous je suis bien incapable d'affirmer si le trafic aérien sur le grand ouest croîtra ou diminuera.
Ce dont je suis persuadé, c'est de l'impossibilité de conserver un aéroport sur le site actuel en raison des risques et des nuisances qu'il produit pour les dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui le subissent aujourd'hui.
Il est impossible de maintenir cet équipement sur le site actuel de Nantes-Atlantique.
Comment ne pas souscrire à ces propos (voir plus bas texte sur la venue en France du Dalaï-Lama)
… Le Dalaï Lama peut être une personnalité respectable et le combat du Tibet peut être une cause juste. Pour autant, le mélange des genres entre ce qui appartient à sphère publique (le politique, pour faire court) et ce qui ressort de la sphère privée (la religion) ne fait qu'accentuer l'état de confusion évoqué par Gérard Allard. Et lorsqu'une autorité religieuse est accueillie dans une mairie, est-il acceptable que la liste des journalistes "accrédités" soit soumise à l'entourage des visiteurs et validée par lui ? Curieux comportement de la part d'une autorité revendiquant davantage de liberté d'expression dans son pays… Curieux comportement de nos élus aussi qui semblent prompts à "surfer" sur l'événement, et la popularité d'un homme et d'une cause en se pliant à des comportements bien peu républicains.