Génial ! Sarkozy a trouvé comment se débarrasser de milliers d’élus locaux et comment mettre fin à la gestion de nos villes et de nos campagnes par la gauche.
Depuis le début de son quinquennat le président de la république n’a de cesse d’affaiblir, voire de faire disparaître tous les contre-pouvoirs.
Cette fois, avec beaucoup de démagogie, il tente de faire croire que les élus locaux coûtent chers, que les collectivités locales lèvent trop d’impôts. Un faux prétexte pour mettre en cause en quelques mois tout l’édifice démocratique des territoires constitué depuis plus de 200 ans.
Avec ce projet de réforme nous sommes à un tournant de l’histoire de la décentralisation, de la démocratie élective et de l’administration de la république.
A quoi servent les départements et les régions, sinon à faire vivre la démocratie territoriale et le service publique de proximité ?
Nombreux sont les parlementaires de droite qui en conviennent et qui ne partagent pas la volonté présidentielle de mettre à bas notre carte institutionnelle. Pourtant, nous le savons, ils ne s’exprimeront pas ouvertement et seront bien heureux dans les semaines qui viennent que la gauche joue pleinement son rôle d’opposant pour éviter le démantèlement des institutions territoriales annoncé.
Nous allons prendre toute notre place dans le débat essentiel à venir, car il s’agit ni plus ni moins que de préserver la décentralisation et la démocratie.
Mais nous devons profiter de ce moment de débat pour dénoncer l’accaparement de tous les pouvoirs par Sarkozy. Le moment est venu de mettre en cause ce gouvernement de casse sociale et de casse démocratique. Il est temps si nous ne voulons pas lui donner en 2012 cinq années supplémentaires pour parachever son œuvre d’omnipotence.
La réforme qui se prépare consiste à opposer citoyens et élus locaux, à priver les collectivités territoriales des ressources nécessaires à leur gestion.
Face à cette opération désastreuse pour nos territoires, nombreux sont les élus qui se sont fait abusés. Et qui ne voyant pas le piège sont entrés naïvement dans le piège tendu en participant aux débats techniques.
Pour contrer la démagogie de cette réforme annoncée (les élus coûtent cher… les élus dépensent trop…), il nous faut expliquer à quoi servent nos politiques publiques locales.
Il s’agit ni plus, ni moins que de conforter le service publique et de mener des projets de solidarités sociales, économiques et environnementales.
Nous devons affirmer haut et fort que la réforme de la fiscalité locale est étroitement liée à la manœuvre. Il s’agit d’assécher les ressources des collectivités, de les asphyxier pour empêcher celles-ci de décider librement de leur politique. Sans ressources que pourront faire les départements ou les régions pour soutenir l’économie, l’emploi, aider les personnes âgées et les plus démunis. Sans ressources comment soutenir la culture, le sport et comment aider les communes à s’équiper.
Le projet du président Sarkozy est un projet idéologique. Un projet libéral qui favorisera à terme la privatisation de tous les services à la population gérés par nos collectivités. Un projet politique qui consiste à modifier la carte électorale du pays : 21 régions à gauche c’est intolérable pour lui. Un projet fiscal injuste qui consiste à transférer les impôts payés par les entreprises (TP) sur les familles.
Conséquences d’un pareil projet ?
Ce sera moins de moyens pour le service public, moins de liberté et de pouvoirs (vécus comme des contre-pouvoirs) pour les élus locaux.
Cette réforme qu’il nous faut repousser aurait de lourdes conséquences pour beaucoup et en particulier pour nos citoyens, les acteurs sociaux, les associations et les petites entreprises.
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